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On jase là.

Et si Rambo Gauthier devenait premier ministre?

On jase là.

Quand on pense que Trump a réussi l’exploit de prendre le siège le plus important du monde, malgré toutes les âneries qu’il a pu vomir pendant la période électorale, on a le droit de se demander si une situation similaire ne pourrait pas se produire ailleurs. On dira bien ce que l’on voudra sur le président au teint orangé au sud de la frontière, il faut avouer qu’il fait ce qu’il a dit qu’il ferait. Vous n’avez pas besoin de me convaincre que ses actions sont absurdes, mais il tient promesse. Et souvenez-vous bien que le discours de Trump était qu’il voulait tasser l’establishment et se faire le représentant de la classe moyenne.

Maintenant on revient ici et qu’on écoute le discours de Rambo Gauthier, j’sais pas pour vous, j’ai comme un frisson qui me parcours la colonne.

Y’a d’quoi être en beau joual vert contre les politiciens ici. On maquille l’austérité en quelque chose de plus noble, ça ne va toujours pas mieux en Santé, l’Éducation n’a plus que la peau sur les os et nos polis ti-chiens se bardent de beaux discours prétendant entre autres qu’ils sont en train de sauver le Québec d’une visite dans l’mur. Vraiment, tout pour alimenter le cynisme.

V’là ensuite que se présente ce syndicaliste à la langue de brique qui désire se présenter en politique aux élections de 2018. « Citoyens au Pouvoir »… Hé que ça r’garde mal!

 « Anti-establishment, Bernard Gauthier estime que le Québec s’en va droit dans le mur. «L’élite» qui dirige la province étouffe la classe moyenne et les travailleurs avec ses politiques d’austérité, insiste-t-il. »

On a déjà entendu ça quelque part…

« Il se fait le porte-parole de la classe moyenne, des ouvriers de l’extérieur des grands centres. «C’est épeurant pour les gens des régions ce qui se passe en ville. Ça nous fait peur, on voit ça les accommodements, les ci pis les ça, on ne sait pas trop si c’est bon ou pas bon, mais c’est effrayant pour nous autres!»

Selon lui, on ne fait pas suffisamment de place aux peuples autochtones, qui étaient là bien avant nous. «Les Québécois de souche ont des racines en dessous d’eux autres qui s’appellent les Premières Nations, pis faut pas les oublier. Moi je dis, sans aller trop loin, que tantôt, on va avoir besoin d’eux autres parce que si jamais l’envahisseur est trop envahissant, on n’aura pas le choix de se virer vers les Premières Nations».

Libéraux, caquistes, péquistes ou solidaires, c’est du pareil au même aux yeux du leader syndical. C’est le changement de culture politique au Québec qui guide son investissement personnel dans un nouveau parti. «Je n’ai pas de cravate, pis je fais des fautes d’orthographe […] mais je suis un contribuable et un père de famille, ostie, et je sais que je suis en train de me faire faire l’amour par arrière sans autorisation!»

Si c’est pas du populisme ça, j’sais ben pas ce que c’est! À part; c’est effrayant! En plus que Trudeau renonçait hier à une des promesses les plus importantes de sa campagne en faisant marche arrière avec l’éventuel changement de mode de scrutin. Une autre promesse qui ressemble bien plus à une résolution du Nouvel An. « Fuck it, y vont voter pour moi quand même ». De quoi faire monter le cynisme d’un autre cran… et ouvrir la porte à quelqu’un qui promet de tout changer. « Je n’ai pas de cravate, pis je fais des fautes d’orthographe […] mais je suis un contribuable et un père de famille, ostie… » Voilà une belle façon de s’attirer une belle foule de partisans en quête d’un leader auquel ils pourront s’identifier, peu importe les conséquences. De toute façon, plus on change, plus on revient au même problème… Un coup de barre pourrait être très séduisant pour la masse.

Mais… on jase là!

Source: Journal de Québec, 6 décembre 2016

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