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Ça nous arrive à tous au moins à quelques reprises dans notre vie. Donner un mot à ça me semble une tâche difficile. Pas impossible, difficile. Parce que le mot qu’il faut employer, on ne veut pas l’entendre, encore moins le prononcer. C’est juste comme ça, des explications, on en cherche en sachant tellement bien qu’il n’y en a aucune. L’image se forme dans notre tête, on tente du mieux que l’on peut de ne pas la voir, on se ferme les yeux jusqu’à la prochaine fois, jusqu’à la prochaine rencontre en nous disant que ça pourrait changer d’ici là. On se berce d’une douce illusion, on fait la paix avec, parce que c’est ce qui fait le moins mal. Mais on ne le sait que trop bien. Cette bulle dans laquelle on aime bien flotter va tôt ou tard crever et plus on est haut, plus ça va faire mal… autant la péter soi-même plus tôt que tard.

Le plus difficile dans tout ça, c’est le pas en arrière. C’est horrible parce que quand on se dit qu’il faut le faire, en même temps y’a cette voix tout au fond qui dit « Hey man! Qu’est-ce que tu fais là? Ça va changer man… ça va changer… un peu plus de temps man, juste un peu plus de temps ». Quand on l’écoute cette voix, c’est refusé de péter la bulle de l’artificiel, du mensonge accepté volontairement parce qu’on voudrait tellement, mais tellement y croire. La criss de voix nous parle, crie, hurle… « BACK OFF… tu vas juste te faire plus mal. Elle/il ne t’aime pas. Ne le fera juste jamais… you should know better. » La criss de voix on veut pas l’entendre. On veut tellement pas. Tellement que parfois on préfère l’illusion au vide. On veut tellement pas le vide. Mais il faut juste comprendre que l’illusion fait tellement plus mal que le vide.

Dans tout ça moi, je me berçais d’illusions. Mais Oh que oui j’étais prêt à avancer sur cette route-là. Oh que oui j’imaginais une lueur quelque part. Vous savez, quand on se ferme les yeux on voit plein de petites lumières… Mais y’en n’a pas. Je me demande si j’étais un peu naïf en croyant que y’avait vraiment de la lumière parce que, pour vrai, m’semble que la chaleur était bien réelle. M’semble… c’est là la clé. M’semble… ce que je voulais voir, ce que je voulais croire.

Ça serait le fun de dire que y’a rien là, on fait un pas en arrière, c’est facile et on repart dans une autre direction. Mais non, c’est pas facile. On l’aimait bien cette route, cette irréelle route. On l’adorait, chaque fois qu’on l’a foulée, on a même réussi à être bien. C’est là que le courage prend toute sa signification. Reculer. Faire un pas en arrière. Pas parce qu’on le veut, parce qu’on va éviter une blessure. On va éviter de se blesser, de blesser l’autre, ou les deux. Le seul véritable acte d’amour… ou disons d’affection pour une personne, c’est d’éviter cette blessure. S’oublier, soi, pour éviter de faire mal… d’avoir mal.

Ça aussi c’est une façon de dire que l’on aime.

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