Le mal de vivre. Moi, je pense que c’est de ne pas se sentir à notre place dans le monde dans lequel nous vivons. Pas seulement au travail et avec notre entourage. Mais en général. Est-ce que vous vous sentez à votre place? Est-ce que votre travail, vos amis, vous semblent bien placés? Non… c’est pas ça. Est-ce que VOUS, vous sentez que vous avez pris la place qui vous revenait? Ou la place qui est la meilleure pour vous? Moi j’en suis de moins en moins certain.

Les derniers mois ont été assez difficiles pour moi; à tous les niveaux. Professionnellement, j’ai dû faire face à des défis bien plus grands que ce à quoi j’étais habitué. Mais je pense qu’en fin de compte, j’ai gardé le cap. Les choses vont relativement bien. Mais personnellement, MA vie. Là j’en suis pas mal moins certain. Noooon, non, non! Je ne suis pas en mode « dépression, svp, envoyez-moi des messages d’encouragement sinon je vais me câlisser en bas d’un pont »… NON! C’est pas ça! Z’en faites pas si j’en viens là et que je décide d’envoyer un message de détresse, ça va être clair, et sans ambigüité. Na non! C’est un questionnement que je fais ouvertement, tout simplement…

Non, mais, ça ne vous ai jamais arrivé à vous, peut importe votre âge, de vous demander si vous avez pris le bon embranchement quand vous avez décidé de faire carrière? Ça ne vous ai jamais arrivé de vous remettre en question? Si vous me répondez tout « non », je vais dire qu’il y a parmi vous quelques menteurs. On se pose tous la question un jour je crois. Moi, c’est à 47 ans que je me la pose. 47 ans!!! Criss! J’avoue que je suis presque surpris de m’être rendu là. Mais de me poser la question sur ma carrière à moins de 20 ans de la retraite, c’est dur. Très dur.

Arrhhhh! Est-ce que je doute de mes compétences dans mon métier? Fuck non! Je suis un excellent technicien et tout mon entourage professionnel saura vous le dire. JF, c’t’un top. J’ai des lacunes, c’est sûr. Mais je les comble à mesure que je les rencontre sur ma route. S’il y a une chose pour laquelle je vais me vanter publiquement, c’est ma grande capacité d’adaptation. Techniquement… je veux dire. Mais est-ce que je suis HEUREUX? Merde là j’en suis plus certain.

Ce que j’ai remarqué au cours des dernières années, c’est que les gens avec lesquels je me sens le mieux, sont soit des artistes, écrivains, écrivaines, dessinateurs ou des scientifiques de haut niveau. Pourtant moi, à tous ces niveaux, je suis au bas de l’échelle. Ou je m’y sens en tout cas. J’aimerais être capable de dessiner à leur niveau, d’écrire comme eux le peuvent ou de comprendre des concepts mathématiques complexes comme ils le peuvent. Hélas, je me sens pris dans ma bulle, me demandant trop souvent si je suis à ma place. Si je dois briser mes chaînes pour passer à un autre niveau.

Parfois je me demande si je suis là où je suis parce que je l’ai vraiment voulu, ou parce que j’ai choisi de me trouver un « spot » dans lequel je pourrais me fondre à la masse, faire partie de la convention, du groupe. Ça fait des mois que j’ai l’impression d’avoir en moi une voix qui me dit de changer de route, de briser le moule, de m’exprimer comme j’ai envie de m’exprimer, de cesser de faire comme tout le monde parce que ça « fait plaisir » et que je peux entrer dans le groupe. Ça fait des mois que j’ai envie de dessiner, mais j’en n’ai pas le talent ou disons la technique. Dessiner le monde à ma façon, comme je le vois, dans son absurdité. Écrire… décrire le monde, ma vie qui me fait tellement mal et dont personne ne se doute de cette charge que je traîne au quotidien. OH! Vous pensez me connaître… Si seulement vous saviez la douleur que j’endure.

Non! Je n’ai pas envie qu’on me plaigne, non ce n’est pas le but. Mais j’ai juste envie de dire que je ne sais plus si je suis à la bonne place. Si cette place que je me suis faite n’est qu’en fin de compte LA place facile à forger alors qu’il y celle qui me correspond mieux qui attend encore, mais qui me demanderais mille fois plus d’efforts, qui me demanderais de laisser s’ouvrir le barrage d’émotions que je cache pour ne pas laisser voir une vulnérabilité. S’il en est une.

Je ne sais pas si je suis à la croisée des chemins. Mais je sais que quelque chose en dedans cherche à s’exprimer et qu’il est de moins en moins facile de taire cette voix.

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